Campagnes dortoirs… En avant toute! par Alain Stefani de Callian

nj_campagne_dortoirQu’y a-t-il de plus capricieux qu’un PLU (Plan Local d’Urbanisme)? Jamais figé, toujours modifié, soumis à de nombreuses pressions (démographiques, financières et autres). On se croyait peinard dans sa campagne, pas trop bousculé sur les petits chemins, rassuré par le «dernier» PLU qui gelait les terrains encore épargnés par le béton. Mais, oh surprise, v’la-t-y pas qu’un énième nouveau PLU vient de sortir, annonçant la fin du dégel foncier!

Et hop, le mitage des paysages et des campagnes peut reprendre et comble de la joie, la taille des parcelles importe peu désormais: il faut simplement respecter un ratio de bâti par rapport à la superficie du terrain.

De nombreux propriétaires se mettent alors à rêver: «enfin, toutes ces restanques aux murs effondrés et aux oliviers à l’abandon, vont enfin me rapporter quelque chose, au diable toutes ces campagnes vides, lotissons, lotissons! On sort les calculettes: «j’ai un hectare, je fais cinq lots de 2000 m2, je vends le tout et je déménage dans un coin encore épargné». (ça ne vous rappelle pas la fable de la Fontaine: la laitière et le pot au lait?).

Au fait, pourquoi je me plains? J’habite juste à la limite du nouveau PLU, en zone de montagne, mon horizon est épargné par le mitage annoncé et je n’envie même pas les propriétaires des terrains dégelés. Simplement, je redoute la dégradation croissante des paysages, la transformation des campagnes aux terres vivrières en campagnes dortoirs, une voirie en retard de plusieurs décennies, la saturation des chemins et routes à certaines heures du jour, les «chauffeurs-travailleurs» stressés, pressés de rejoindre leur lieu de travail très/trop éloignés de leur habitation.

Le pays de Fayence poursuit inexorablement sa mutation en banlieue des villes de la côte, ses villages servent de décors plantés au-dessus de la zone commerciale et industrielle de «la Plaine» et pour tenter de gommer un peu sa laideur, ses ronds-points se parent de constructions évoquant la «Provence éter-nelle»…

Mais pourquoi cet article? Toujours la même rengaine, les mêmes plaintes ressassées, les mêmes reproches directs ou indirects faits aux maires et autres responsables de l’aménagement du territoire. Mais peut-on assister toujours aux mêmes processus de dégradation du cadre de vie et rester les bras ballants (ici, la langue pendante)?

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