En 10 ans, ça pousse comment dans le Pays de Fayence ?

terrain agricole

Par Ghislaine Phily administratrice du nouveau journal.

10 ans de NJ, c’est aussi 10 ans de l’agriculture du canton, indissociable de la vie du Pays de Fayence ;
Pour l’occasion, j’ai repris les articles concernant l’agriculture, au fil des journaux et suivant les termes abordés, j’ai questionné Mr Martel, Vice-président de la Communauté de Communes du Pays de Fayence (CCPF) délégué au développement économique et à l’agriculture et Jean-Christophe Gal, Référent agriculture, pastoralisme, forêt de la CCPF, en poste depuis juillet 2015, Nicolas, sur l’évolution de l’agriculture du canton.

Les questions et les réponses font suite à l’article publié dans le NJ n°40, page 14.

Evolution des surfaces et de la population agricole
Sur l’évolution des surfaces, la Surface Agricole Utilisée (SAU) aujourd’hui est de 3 008 Ha. En 2000 elle était égale à 3 267 Ha.

 

article agriculture

Concernant le renouveau de la culture de plantes à parfum, évoqué à l’automne 2017 et au printemps 2018 dans le NJ, quels sont les avancements des projets en cours ?

Sur cette filière, nous constatons 2 installations depuis 4 ans et 2 exploitations existantes en plein développement qui correspondent à la création de 12 nouveaux Ha de culture en rose de mai répartis sur les communes de Tourrettes, Callian, Montauroux, Fayence et Seillans.
Bien que la rose de mai soit emblématique de cette filière, elle n’est pas la seule plantes à parfums recherchée par les industriels, les parfumeurs et les grandes marques. De nouvelles installations agricoles sont en cours de réalisation sur d’autres cultures, mais nous ne pouvons pas vous en dire davantage, dans un souci de respect du secret commercial et industriel.

LES CONSOMMATEURS ET UNE AGRICULTURE DE PROXIMITE

Le NJ a été, tout au long de ses parutions, le porte-parole d’associations de producteurs/ consommateurs comme l’AMAP de Fayence ou l’Association de Oléiculteurs du Pays de Fayence (AOPF).

Des lecteurs écrivent ;

  • Hiver 2009 : Nous sommes de plus en plus nombreux à souhaiter avoir de bons produits dans nos assiettes, pour cela l’agriculture locale est indispensable, alors chacun à notre niveau nous pouvons agir car c’est notre manière de consommer qui dictera la manière de produire de demain.
  • Automne 2012 : Un lecteur regrette que les producteurs agricoles du canton ne soient pas assez mis en valeur malgré le potentiel et la richesse de ses terres.
  • Printemps 2017 : Pierre Ratcliffe dans le NJ plaide pour un retour à une agriculture de proximité.
    Nous avons rencontré Monsieur Martel, Maire de Saint-Paul, responsable du développement économique et de l’agriculture à la Communauté de Communes ;
    Au sujet de la commercialisation et de la promotion des produits agricoles, il nous confirme la volonté de la Communauté de communes de privilégier les circuits courts.

Question : quand est-il aujourd’hui ?

  • Printemps 2014 : Un collectif demande dans le NJ l’approvisionnement des cantines de nos communes en produits agricoles bio du canton.
    Dans notre interview de Monsieur Huet, Maire de Montauroux, celui-ci déclare :
    C’est un projet politique que de vouloir faire manger correctement les enfants des cantines scolaires, avec des produits de qualité, fourni par une agriculture locale en Bio ou en conversion vers l’AB, achetés par les mairies ;

Ce projet va-t-il avancer ?

En effet, plus qu’un projet c’est une véritable politique territoriale qui doit être menée, pour convaincre l’ensemble de la chaine (production, transformation, consommation), trouver le bon équilibre économique et surtout permettre le développement de l’installation de nouveaux agriculteurs en maraîchage et en arboriculture. Le point délicat de ces deux filières est la disponibilité de l’eau d’irrigation qui est un préalable à l’installation maraichère et arboricole, voilà pourquoi la CCPF porte une démarche de fond depuis 3 ans pour qu’un véritable diagnostic des besoins et des ressources en eau agricole soit réalisé à l’échelle territoriale.
Pour pouvoir porter un tel projet, la CCPF va également répondre, en 2018, à un appel à projet régional pour établir un diagnostic de faisabilité pour la création d’un Projet Alimentaire Territorial (préalable à un Système Alimentaire Territorial) en partenariat avec le Réseau Rural Régional et la Région PACA.

À titre d’exemple, la commune de Mouans-Sartoux a lancé cette démarche en 1997. Depuis 2 ans, elle arrive à produire 80% de ses besoins (en fruits et légumes) grâce à un système d’exploitation agricole en gestion communale.
Est-il possible de faire la même chose en Pays de Fayence ? L’exploitation agricole doit-elle être publique ou rester l’affaire d’exploitants privés ? Y a-t-il d’autres solutions plus adaptées aux problématiques de notre territoire ?
Le diagnostic de faisabilité nous permettra de mener la meilleure approche possible et de connaître les projets à développer pour atteindre l’objectif du local et du bio pour les cantines locales.

Il n’y a pas d’agriculture sans terres agricoles, le foncier est un problème qui revient régulièrement dans le journal.

  • Octobre 2009 : l’Association Regain souhaite trouver un agriculteur bio, gérer une AMAP, fournir la cantine scolaire des Adrets, après tentatives et échecs (Voir NJ 4 et 5) : la propriétaire se dédie évoquant les motifs suivants : « un bail à ferme est trop contraignant ».

REMARQUE : Les baux agricoles peuvent prendre plusieurs formes et il en existe pour toutes les exigences et besoins. Par contre, les idées reçues ont la peau dure et il faut rappeler que c’est surtout la spéculation foncière qui amène les propriétaires à faire de la rétention de foncier agricole, pas le contrat de fermage qui, s’il est bien établi, est le plus souvent gagnant/gagnant.
Le problème de fond est la disparition de la culture rurale et agricole au profit de celle de l’urbanisation sauvage et exempte de raisonnement pour les générations actuelles et futures.
L’idée de fond à défendre est bien celle de dire et de rappeler que sur les terres agricoles ont fait de l’agriculture.

  • Eté 2011 : NJ informe autour du thème ; « Sauvegarde des terres agricoles avec André Aschiéri, vice-président de la région en charge du foncier agricole.
    Une pétition pour la sauvegarde des terres agricoles est lancée.
  • Hiver 2016 un lecteur nous écrit : Le pays de Fayence évolue fortement. Les PLU et le SCOT ont pour ambition de sanctuariser les espaces agricoles. Cela implique donc pour les terrains en friche une remise en culture, une vente comme terrain agricole, ou une location en fermage Faire venir des jeunes agriculteurs – une demande est là – implique de créer un marché, c’est-à-dire de mettre les demandeurs – preneurs de fermages – en relation de confiance avec les bailleurs.
    Monsieur Martel dans notre interview affirme la Volonté à l’unanimité des Maires de la Communauté de communes d’arrêter l’urbanisme à outrance et de protéger les zones agricoles.

Quels sont les mesures ou décisions prises ?

– Finalisation d’une véritable Stratégie Locale de Développement Agricole en 2018.
– Étude en 2018 et 2019 (via une convention avec la CA83) pour la création de Zones Agricoles Protégées (ZAP), qui si elles sont effectivement créées, seront intégrées au SCoT et aux PLU des communes.
– Continuité des actions de sensibilisation et d’accompagnement des propriétaires de terres agricoles en friches du Pays de Fayence.

Après la terre, l’eau :
Une rencontre avec Monsieur Léautier, Directeur de la Société Mixte d’Exploitation des Eaux de la Siagnole E2S nous informe :
Si dans l’état actuel des avancées, la constitution d’un projet par l’agriculteur, une fois réalisé est viable, la société E2S, risque de ne pas être en capacité d’alimenter en eaux le projet.

Monsieur Martel nous a fait part d’une étude en cours en partenariat avec la Chambre d’Agriculture et financée par le Fonds Européen Agricole pour le Développement Rural (FEADER) pour un projet d’aménagement hydraulique agricole.

Les avancements ?

Ce qui est important à retenir :
– le réseau des sources de la Siagne et de la Siagnole est le réseau historique du Pays de Fayence ;
– les différents plans d’aménagement (aides financières de l’État et/ou de l’Europe) n’ont jamais fait l’objet de demandes d’application par les agriculteurs du Pays de Fayence depuis les années 70 ;
– il y a d’autres réseaux et d’autres systèmes à développer pour atteindre un maximum d’autonomie en eau agricole pour le Pays de Fayence. La CCPF y travaille en partenariat avec la CA83 et nous en sauront plus d’ici quelques mois, précisément grâce à l’étude en cours financées par le FEADER.
– Au moins 6 nouvelles installations depuis 2016, une dizaine de projets en cours de réalisation et de nombreux projets dont la concrétisation dépend essentiellement de la mise à disposition de foncier agricole et de l’accès à l’eau d’irrigation.

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