Fêtes d’antan à Fayence par Roger Robert de Fayence (un papi de 38 ans… à l’envers !)

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« Paura nostra dama, aqueou qué ta vist et aqeou quetivé. »
(Pauvre Notre dame, celui qui t’a vue et celui qui te voit.)

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Retour en arrière de soixante treize ans, j’avais 10 ans, la fête de Notre dame durait huit jours. Elle commençait le dernier samedi soir avant le 8 septembre de chaque année. Les jeunes garçons allaient à Mons chercher du buis pour faire des guirlandes sur la place du village, qui servaient à faire «la salle verte». Au sol, nous mettions de la sciure de bois qui faisait office de parquet ciré. La mairie de Fayence était chargée de l’estrade pour les musiciens; il y en avait toujours huit à dix : ah le souvenir de Gaston le blond et sa trompette, le champion de France d’accordéon André Brocoletti…

Le huitième jour, le dernier de la fête, Monsieur Joseph Allongue, dit «Choun-Choun» préparait l’aïoli, le vrai. Tous les jours, il y avait apéritif concert avec les musiciens de la fête et la Renaissance de Fayence, des jeux de pétanque et des jeux pour les enfants. Et tous les après-midi et les soirs jusqu’à 2h du matin, on dansait ! Des gens se déguisaient pour la danse du balai, du tapis ou de la valise : les couples portaient une valise de vêtements, lorsque l’orchestre s’arrêtait, il fallait que les hommes se changent et soient rhabillés à la reprise de la musique.

A cette époque, il n’y avait pas beaucoup d’argent, mais tout le monde donnait quelques pièces ; à la fin du bal, les jeunes garçons faisaient le tour des fermes et des maisons de campagne pour se faire payer un coup à boire et récolter l’argent pour la fête de l’année suivante. Ils rentraient le matin vers 8h30 et à 11h, ils étaient présents à l’apéritif concert!

Le 8 septembre, jour de Notre dame, le matin, les femmes portaient la vierge à la chapelle de Notre Dame des Cyprès ; la procession était suivie d’une messe, elle-même suivie par un apéritif servi par les voisins du quartier. Le soir, la procession ramenait la vierge au village ; entraient en scène les bravadeurs et les jeunes gens habillés en provençal qui chantaient.

A cette époque, les vacances n’existaient pas, pour Fayence, cette fête du 8 septembre , c’était repos. Après avoir lu, en 2016, l’encart de Monsieur le Maire concernant la fête de Notre Dame de cette année, je me suis dit que j’étais très heureux d’avoir connu mon époque et je regrette que les jeunes gens de maintenant ne vivent plus cela !

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