Mais non, tout ne va pas si mal chez nous ! par Pascal Charoy de Fayence

l'aérodrome de Fayence

La lecture de votre journal me permet d’en apprendre un peu plus sur la vie des habitants du Pays de Fayence. Je découvre leurs efforts pour tisser du lien mais aussi leurs difficultés à vivre ensemble. Or les problèmes sont nombreux si j’en juge par les courriers que vous publiez. Il serait dommage que votre indispensable publication se transforme au fil du temps en un cahier de doléances. Aussi, je voudrai apporter un peu d’optimisme dans votre prochaine édition, un regard positif sur ce pays que j’ai découvert en 2010. Nous avons, avec ma famille, beaucoup bougé en France, passant d’est en ouest, du nord au sud. En me basant sur mes précédentes expériences de vie, je vais brièvement vous dire ce qui est beau à mes yeux ici, et ce qui l’est moins, en privilégiant les problèmes qui relèvent plus de la responsabilité collective, que de la responsabilité individuelle.

Commençons par la liste non exhaustive de ce que j’aime :
1. La récolte des olives l’hiver, cette huile soyeuse et goûteuse qui sort du pressoir au petit matin. Mon huile ! Quel dommage, je n’en ferai pas cette année…
2. Les légumes dodus, colorés et savoureux du marché paysan et ses roses, surtout ses roses si belles et odorantes qu’il n’y en a plus dès 10 heures du matin ! Bravo également aux maraîchers qui vendent leurs produits en direct.
3. Le brassage des nationalités. Sur les marchés, au restaurant, j’aime entendre autour de moi des conversations que je ne comprends pas. J’aime aussi lorsque mes amis hollandais font l’effort de parler français.
4. La terrasse bondée et forcément bruyante du restaurant, un soir d’été, dans les hauts de Callian. Un service discret, impeccable, efficace malgré l’affluence.
5. Les sommets qui se nappent de blanc après une pluie froide d’hiver sur Fayence. Quelle chance de vivre entre mer en montagne !
6. Les planeurs qui dessinent des courbes élégantes dans l’azur et l’esprit de liberté qui règne à l’aérodrome. Pourvu que cela dure !
7. Les transports scolaires. Nous n’avons certes pas de lycée mais les bus sont modernes, nombreux et ponctuels.
8. Le cinéma de Montauroux quand il nous emmène dans les coulisses du Metropolitan Opera de New-York ou du Bolchoï à Moscou.
9. La zone artisanale de Brovès-les-Seillans, un savant mélange de services et d’ateliers de production à l’architecture harmonieuse.
10. Les troupeaux de moutons qui pâturent dans la plaine et les agneaux à la démarche incertaine.

Passons au revers de la médaille, une sélection de ce que je n’aime pas :
1. Le peu de place fait aux piétons et vélos sur nos routes. Une piste cyclable entre les quatre chemins et Fayence serait un bon début.
2. La pléthore de commerces qui défigurent la plaine. Tout a été dit sur le sujet.
3. L ’impossibilité de construire un lycée quand il est si facile d’ériger des bâtiments commerciaux.
4. Je n’aime pas quand des élus défendent une nouvelle route pour les habitants qui travaillent loin de chez eux. C’est entériner l’incapacité du territoire à créer des emplois de proximité.
5. Je n’aime pas que l’on abandonne les activités de production en misant tout ou presque sur le commerce.
6. Les défauts d’équipement du lac de Saint-Cassien qui mérite bien mieux.
7. Nous sommes parfois exposés à la violence des éléments. Face à leurs conséquences, je ne comprends pas ceux qui accusent le ciel sans voir que l’homme construit de manière imprudente.
8. L’absence de valorisation du bois de nos forêts. Pourquoi ne pas favoriser une filière moderne d’approvisionnement en bois de chauffage du pays ?
9. Je regrette que toute la matière grise de la région soit concentrée à Sophia Antipolis. Décentralisons la recherche et l’innovation, c’est le meilleur moyen d’accélérer l’arrivée de la fibre !
10. Et enfin, je n’aime pas voir tant de maisons fermées l’hiver…

Voilà, quand je pèse le pour et le contre, j’arrive à cette conclusion que tout n’est pas si mal dans le pays de Fayence. Je vois toutefois deux axes prioritaires pour les élus à qui nous avons confié le pouvoir de prendre des décisions : créer plus d’harmonie et de diversité dans nos déplacements et favoriser la création d’emplois productifs et durables.

Votre journal contribue assurément à baliser ce chemin parfois étroit vers un avenir meilleur. Pour cela, un grand merci !

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