Y’en aurait pas pour tout le monde par Thérèse Cravino de Fayence

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Fraternité générale, vous vous souvenez ? C’était l’intitulé du clip que l’on a tous vu sur les chaînes de France télévision en novembre, à l’initiative d’un mouvement qui veut promouvoir la fraternité au travers de la culture. Celle-ci ne semble pas être inscrite au programme du Conseil Régional de Paca puisqu’il a fait voter une motion contre l’accueil des migrants. En réaction, des mouvements de protestation se sont déroulés sous forme de manifestations, de pétitions sur le Net « oui aux migrants, la réponse de monsieur Estrosi nous fait honte ». Pourtant notre région ne fait pas partie des plus défavorisées de France.

Avec un budget de 2,2 milliards d’euros, ce n’est pas quelques dizaines de réfugiés à prendre en charge qui vont l’épuiser. Les bras m’en sont tombés lorsque j’ai appris par les médias que l’un de nos concitoyens est passé en jugement pour avoir transporté 3 jeunes migrantes blessées sur une route de la Roya. Ne trouvez-vous pas que le monde tourne à l’envers ? Ce sont plutôt les personnes qui les ont croisées en fermant les yeux, qui devraient être poursuivies pour non-assistance à personne en danger. Le cœur a ses raisons que la loi ne reconnaît pas ! Si ce sujet me tient à cœur, c’est que je me suis mariée en 1970 avec un immigré qui avait fui son pays, le Portugal, dictature salazariste, et ses guerres coloniales.

Arrivé en France, il a suivi des cours de français pour étrangers en faculté, puis a préparé une licence d’histoire. Son diplôme en poche et sa naturalisation, il a intégré l’éducation nationale et a enseigné « l’histoire de France » à des milliers de petits collégiens. Cette place dans la société française a été sa grande fierté. Les nostalgiques de la France « gauloise » vont devoir se rendre à l’évidence : de par les différentes migrations du XXème siècle, notre pays est devenu une
nation multiculturelle.

Nos jeunes générations auront sans doute un regard différent du nôtre, eux qui auront côtoyé sur les bancs de l’école des enfants d’origines diverses. Ils n’auront plus la méfiance, voire le rejet de ceux qui ne leur ressemblent pas. Même si la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde, selon la formule de Michel
Rocard, elle pourrait en prendre une petite part, et faire preuve d’un peu d’humanité envers ces migrants qui fuient la guerre. Malheureusement, ce n’est pas la volonté des élus de la région. La possibilité d’un monde meilleur ne dépend pas seulement des décisions politiques, mais aussi de la volonté de chacun de nous à
y parvenir.

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