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Mais non, tout ne va pas si mal chez nous ! par Pascal Charoy de Fayence

l'aérodrome de Fayence

La lecture de votre journal me permet d’en apprendre un peu plus sur la vie des habitants du Pays de Fayence. Je découvre leurs efforts pour tisser du lien mais aussi leurs difficultés à vivre ensemble. Or les problèmes sont nombreux si j’en juge par les courriers que vous publiez. Il serait dommage que votre indispensable publication se transforme au fil du temps en un cahier de doléances. Aussi, je voudrai apporter un peu d’optimisme dans votre prochaine édition, un regard positif sur ce pays que j’ai découvert en 2010. Nous avons, avec ma famille, beaucoup bougé en France, passant d’est en ouest, du nord au sud. En me basant sur mes précédentes expériences de vie, je vais brièvement vous dire ce qui est beau à mes yeux ici, et ce qui l’est moins, en privilégiant les problèmes qui relèvent plus de la responsabilité collective, que de la responsabilité individuelle.

Commençons par la liste non exhaustive de ce que j’aime :
1. La récolte des olives l’hiver, cette huile soyeuse et goûteuse qui sort du pressoir au petit matin. Mon huile ! Quel dommage, je n’en ferai pas cette année…
2. Les légumes dodus, colorés et savoureux du marché paysan et ses roses, surtout ses roses si belles et odorantes qu’il n’y en a plus dès 10 heures du matin ! Bravo également aux maraîchers qui vendent leurs produits en direct.
3. Le brassage des nationalités. Sur les marchés, au restaurant, j’aime entendre autour de moi des conversations que je ne comprends pas. J’aime aussi lorsque mes amis hollandais font l’effort de parler français.
4. La terrasse bondée et forcément bruyante du restaurant, un soir d’été, dans les hauts de Callian. Un service discret, impeccable, efficace malgré l’affluence.
5. Les sommets qui se nappent de blanc après une pluie froide d’hiver sur Fayence. Quelle chance de vivre entre mer en montagne !
6. Les planeurs qui dessinent des courbes élégantes dans l’azur et l’esprit de liberté qui règne à l’aérodrome. Pourvu que cela dure !
7. Les transports scolaires. Nous n’avons certes pas de lycée mais les bus sont modernes, nombreux et ponctuels.
8. Le cinéma de Montauroux quand il nous emmène dans les coulisses du Metropolitan Opera de New-York ou du Bolchoï à Moscou.
9. La zone artisanale de Brovès-les-Seillans, un savant mélange de services et d’ateliers de production à l’architecture harmonieuse.
10. Les troupeaux de moutons qui pâturent dans la plaine et les agneaux à la démarche incertaine.

Passons au revers de la médaille, une sélection de ce que je n’aime pas :
1. Le peu de place fait aux piétons et vélos sur nos routes. Une piste cyclable entre les quatre chemins et Fayence serait un bon début.
2. La pléthore de commerces qui défigurent la plaine. Tout a été dit sur le sujet.
3. L ’impossibilité de construire un lycée quand il est si facile d’ériger des bâtiments commerciaux.
4. Je n’aime pas quand des élus défendent une nouvelle route pour les habitants qui travaillent loin de chez eux. C’est entériner l’incapacité du territoire à créer des emplois de proximité.
5. Je n’aime pas que l’on abandonne les activités de production en misant tout ou presque sur le commerce.
6. Les défauts d’équipement du lac de Saint-Cassien qui mérite bien mieux.
7. Nous sommes parfois exposés à la violence des éléments. Face à leurs conséquences, je ne comprends pas ceux qui accusent le ciel sans voir que l’homme construit de manière imprudente.
8. L’absence de valorisation du bois de nos forêts. Pourquoi ne pas favoriser une filière moderne d’approvisionnement en bois de chauffage du pays ?
9. Je regrette que toute la matière grise de la région soit concentrée à Sophia Antipolis. Décentralisons la recherche et l’innovation, c’est le meilleur moyen d’accélérer l’arrivée de la fibre !
10. Et enfin, je n’aime pas voir tant de maisons fermées l’hiver…

Voilà, quand je pèse le pour et le contre, j’arrive à cette conclusion que tout n’est pas si mal dans le pays de Fayence. Je vois toutefois deux axes prioritaires pour les élus à qui nous avons confié le pouvoir de prendre des décisions : créer plus d’harmonie et de diversité dans nos déplacements et favoriser la création d’emplois productifs et durables.

Votre journal contribue assurément à baliser ce chemin parfois étroit vers un avenir meilleur. Pour cela, un grand merci !

Retour de Maraude à Vintimille par Félix Chabaud pour le Foyer rural de Fayence-Tourrettes et l’équipe de la maraude du 23 Décembre

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Nous avons rencontré Jean-Noël sur le marché du Monde installé devant l’espace culturel à l’occasion du festival Bagiliba. Jean-Noël est habitant de St-Dalmas de Tende dans la vallée de la Roya et il représente l’association Roya Citoyenne. Il nous a raconté les centaines de « migrants » échoués à Vintimille, à deux pas de la frontière mythique de la France inaccessible. Il a parlé de leur détresse, de leurs traumatismes après des mois voire des années d’errance à travers l’Afrique depuis des régions misérables épuisées par les conflits : Soudan, Erythrée, Nigéria…
Il a dit leur espoir en notre société tellement plus stable et riche de sa démocratie. Ils ont fui la guerre, la dictature, la famine. Ils attendent patiemment que la porte s’ouvre et que leur demande d’asile soit entendue par nos autorités, mais la porte est fermée à double-tour et nombre d’édiles ont décrété sans vergogne: «ma région, ma ville sans migrants!»

Ceux-là qui décident du sort des autres ont oublié les chemins périlleux suivis par leurs aïeux pour sauver leur famille des mêmes maux: la misère, l’oppression arbitraire d’un dictateur; pourtant leurs noms disent leurs migrations passées, leur intégration dans notre pays si riche de ses multiples origines.
Les migrants errent aujourd’hui dans Vintimille; ils cherchent abri près de la gare ou sous les ponts qui enjambent la Roya; plusieurs centaines dorment sous tente dans « Il campo » le camp de transit installé par la Croix Rouge italienne en difficulté financière qui les nourrit sommairement; tous survivent grâce à l’aide formidable de particuliers, d’associations humanistes de toutes vocations et origines telles Caritas, italienne et catholique, ou Habitat et citoyenneté, française et laïque.

Jean-Noël, lui, agit avec Roya Citoyenne, exemplaire réseau d’habitants des hauts villages de la Roya qui accueille les migrants égarés dans ce cul-de-sac de la France entre les frontières de Vintimille et de Tende. Ils arrivent là chaque jour après un périple sur la route ou les chemins périlleux de montagne. Certains les hébergent et les nourrissent le temps d’une nuit ou deux pour qu’ils se retapent. Beaucoup participent à ce qu’ils appellent des « maraudes », journées de préparation de repas et de distribution. Ils sont organisés en 7 équipes autonomes (6 dans la Roya, une dans la Vésubie) et permettent chaque jour la subsistance des centaines d’hommes qui attendent à notre frontière.

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Ces citoyens de la Roya sont formidables de générosité et d’humilité, de patience et de courage aussi. Ils œuvrent sans faiblir depuis le début de l’été; plusieurs ont été inquiétés par la « justice » pour leur action auprès des migrants égarés sur notre territoire.
Que peut-on leur reprocher? Ils sont simplement femmes et hommes conscients, dignes et droits; l’indifférence à la misère humaine leur est insupportable.
Nous savions déjà confusément par les médias, les réseaux «sociaux», internet, la difficulté des migrants, l’engagement de citoyens courageux. Nous nous sentions privilégiés sur notre terre, en marge, honteux de notre inaction, de notre impuissance. Nous avons écouté Jean Noël dont nous connaissons nombre d’amis acteurs des foyers ruraux des Alpes maritimes. Nous avons voulu le rejoindre, aller sur le terrain, comprendre la détresse des migrants, l’engagement pour eux des citoyens. Il nous fallait «prendre notre part».

Notre association dynamique, le Foyer rural, a été fondée sur les principes de solidarité, de partage, d’accueil. Il était évident pour nombre d’entre nous
que nous devions et pouvions nous mettre au service des amis de la Roya, les aider un peu dans leur tâche quotidienne.
A leur demande, nous avons organisé la « maraude » du 23 décembre. Nous étions 30 au Mille clubs ce jour pour préparer le repas de
250 migrants, trier et emballer des centaines de vêtements chauds à destination de Caritas, 30 de toutes origines sociales, géographiques, philosophiques, associatives…

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Le soir, nous étions 10 à rejoindre Vintimille où nous avons distribué les sachets d’aliments, le Chili con carne chaud préparé par la généreuse équipe du Nouveau journal, les vêtements d’urgence. Nous avons rencontré de petits groupes de jeunes africains aux alentours de la gare, sur des parkings ombreux, aux abords
de l’église où logent les 60 familles accueillies par la paroisse. Nous avons pu échanger un peu avec eux malgré nos difficultés de langage réciproques. Ils sont tous infiniment calmes, patients, respectueux malgré le froid, la faim, la fatigue, le poids de l’exil. Nous avons reçu leur profonde humanité comme une évidence, celle de la fraternité dont trop souvent nous ne comprenons plus le sens tant nous sommes barricadés derrière nos certitudes et nos peurs, engoncés dans nos possessions.

maraude4C’était la veille de Noël une « maraude » dans la nuit de Vintimille. Depuis, des images nous habitent : des jeunes africains et italiens qui chantent, rassemblés autour d’un braséro; des dizaines d’hommes qui marchent dans le froid au long de la route qui mène au campo ; les visages des copains et des policiers qui nous contrôlent dans la lueur des gyrophares sous les fenêtres aveugles des immeubles; cette terrible vision à notre retour de Vintimille de ces vingt hommes courant au bord de l’autoroute dans un tunnel dans le froid de la nuit…

On revient de la maraude un peu plus conscients de notre pouvoir de citoyens, riches de nos rencontres et de notre partage solidaire. Nous avons mis en commun nos moyens, réseau d’amis, matériel, argent, bonne volonté et humeur joyeuse! Il y aura sans doute un jour prochain une autre « maraude » pour aider les amis
de la Roya dans leur courageuse action; si vous voulez participer, faîtes-vous connaître auprès du foyer rural de Fayence-Tourrettes. Plus on est de fous…

Si vous voulez agir :
Habitat et citoyenneté (hébergement, dons) tel : 09 53 14 66 86 ;
Caritas (dons) tel : 04 93 87 47 30 ;
Cimade (dons) tel : 06 16 14 53 56 ;
Foyer rural de Fayence-Tourrettes (collecte, maraude) tel : 04 94 76 58 15 ;
Roya Citoyenne tel : 07 82 81 75 66.

Y’en aurait pas pour tout le monde par Thérèse Cravino de Fayence

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Fraternité générale, vous vous souvenez ? C’était l’intitulé du clip que l’on a tous vu sur les chaînes de France télévision en novembre, à l’initiative d’un mouvement qui veut promouvoir la fraternité au travers de la culture. Celle-ci ne semble pas être inscrite au programme du Conseil Régional de Paca puisqu’il a fait voter une motion contre l’accueil des migrants. En réaction, des mouvements de protestation se sont déroulés sous forme de manifestations, de pétitions sur le Net « oui aux migrants, la réponse de monsieur Estrosi nous fait honte ». Pourtant notre région ne fait pas partie des plus défavorisées de France.

Avec un budget de 2,2 milliards d’euros, ce n’est pas quelques dizaines de réfugiés à prendre en charge qui vont l’épuiser. Les bras m’en sont tombés lorsque j’ai appris par les médias que l’un de nos concitoyens est passé en jugement pour avoir transporté 3 jeunes migrantes blessées sur une route de la Roya. Ne trouvez-vous pas que le monde tourne à l’envers ? Ce sont plutôt les personnes qui les ont croisées en fermant les yeux, qui devraient être poursuivies pour non-assistance à personne en danger. Le cœur a ses raisons que la loi ne reconnaît pas ! Si ce sujet me tient à cœur, c’est que je me suis mariée en 1970 avec un immigré qui avait fui son pays, le Portugal, dictature salazariste, et ses guerres coloniales.

Arrivé en France, il a suivi des cours de français pour étrangers en faculté, puis a préparé une licence d’histoire. Son diplôme en poche et sa naturalisation, il a intégré l’éducation nationale et a enseigné « l’histoire de France » à des milliers de petits collégiens. Cette place dans la société française a été sa grande fierté. Les nostalgiques de la France « gauloise » vont devoir se rendre à l’évidence : de par les différentes migrations du XXème siècle, notre pays est devenu une
nation multiculturelle.

Nos jeunes générations auront sans doute un regard différent du nôtre, eux qui auront côtoyé sur les bancs de l’école des enfants d’origines diverses. Ils n’auront plus la méfiance, voire le rejet de ceux qui ne leur ressemblent pas. Même si la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde, selon la formule de Michel
Rocard, elle pourrait en prendre une petite part, et faire preuve d’un peu d’humanité envers ces migrants qui fuient la guerre. Malheureusement, ce n’est pas la volonté des élus de la région. La possibilité d’un monde meilleur ne dépend pas seulement des décisions politiques, mais aussi de la volonté de chacun de nous à
y parvenir.

1851 Ils se levèrent pour la République ! par Mathieu Cecchinato de Montauroux

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Le samedi 4 février, l’«Association 1851, mémoire des résistances républicaines» et la commune de Montauroux rendent hommage aux habitants de cette commune qui n’ont pas hésité à s’engager contre le coup d’état de Louis Napoléon Bonaparte du 2 décembre 1851. Acquis aux idées républicaines et désirant une république démocratique et sociale, le peuple des villages du Var prend les armes pour s’opposer au rétablissement de l’Empire.
C’est une véritable insurrection, qui rassemble des milliers de varois, en marche vers la préfecture de Draguignan pour rétablir le droit et sauver la démocratie.

Mais l’armée, fidèle au futur empereur, anéantit la colonne insurrectionnelle à Aups le 10 décembre, au prix de dizaines de morts et de centaines d’arrestations. La répression qui va suivre sera féroce : le département placé en état de siège, des milliers de varois poursuivis et condamnés devant des tribunaux d’exception !

Les habitants du canton de Fayence ont été aussi au cœur de ces évènements, plus de 140 personnes poursuivies et de lourdes condamnations prononcées contre les républicains de nos villages. Cette tragédie est l’acte fondateur de l’attachement des varois à la République. Voici le programme de cette journée du 4 février 2017

Toute la journée : exposition de documents rassemblés par les archives départementales sur le soulèvement républicain dans le Var et particulièrement dans le canton de Fayence (dans la salle de la Maison Pour Tous).

11h : inauguration de l’exposition et évocation de l’histoire du mouvement insurrectionnel à Montauroux et dans le canton par Gabriel Chabaud.
12h : apéritif républicain
15h30 : projection du film de Christian Philibert, 1851, ils se levèrent pour la République suivi d’un débat animé par Frédéric Négrel, historien.

Une plaque rappelant l’engagement des républicains de Montauroux sera posée ultérieurement dans une rue du village.

Edito NJ n°33 Hiver 2017

Edito

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Pardon M’sieur DESNOS, une fourmi de 18 mètres avec un chapeau sur la tête, ça n’existe pas mais… Un
p’tit journal libre et gratuit sans subvention, sans pub, mais oui, ça existe vraiment !

Des défenseurs de nos villages
De la nature, des lacs, des plages
Des citoyens prenant la plume
Pour dire leurs joies, leurs amertumes
Ça existe vraiment !


Les adhérents et leurs oboles,
Les habitants et leurs paroles
Ça existe vraiment !

Les p’tits repas trimestriels
Et leurs bénefs providentiels
Quand les cuistots par leur bonne bouf’’
Remplissent la caisse et qu’on dit : ouf !
Ça existe vraiment !

Avec ses meilleurs vœux, le Nouveau Journal offre à tous cet élixir de transformation : La liberté de parole, ce bien précieux qui s’usera si l’on ne s’en sert pas!
À vos crayons, plumes, stylos, ordinateurs, les mots contribuent à changer le monde, ils matérialisent les espoirs, précèdent et engendrent les actes: 2017, cette nouvelle année, aidons-la à devenir bénéfique pour notre Canton de Fayence.

Envoyez vos courriers ou venez les apporter aux réunions du Nouveau Journal le lundi à partir de 18h30 dans le petit local contigu au gymnase du Collège Léonard de Vinci, et aidez-nous à en assurer la publication en le distribuant, en adhérant et en faisant adhérer vos connaissances.

Notre, votre Nouveau Journal est âgé de huit ans à présent, il est le véhicule de vos idées, votre coopération et vos adhésions en sont le carburant. Sans vous, sans votre soutien et votre participation, l’enfant ne serait pas viable, alors nous comptons sur vous pour l’aider à devenir centenaire !

Rolande Audbert, membre du CA

La gratuité a un prix, adhérez !

Le Petit Lexique Du Parler Local

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par Jean-Claude Bressi de Montauroux

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Le pâti, c’est le boxon, le souk, le chaos! Au sens propre, si vous habitez rue du Pâti ou place du Pâti, sachez que c’est le lieu où jadis les villageois venaient jeter leurs escoubilles et leurs bordilles et y escamper leur pissadoun et leur cagadoun.

Les escoubilles sont les balayures; en oc,escoubar, c’est balayer, une escoube, c’est un balai.

Escamper, du verbe escampar, c’est renverser.

Une bordille, c’est une ordure, c’est aussi la pire insulte en région PACA !

Un cagadoun ou un pissadoun, c’est un pot de chambre, un WC portatif.

Se faire entuber: se faire avoir, se faire posséder… A l’origine, la tubasse est une fumée épaisse.

Se faire emboucaner: c’est pareil, c’est se faire enfumer mais ça s’emploie plutôt dans le sens de se faire pourrir la vie.

Empégué: au sens propre : englué (la pègue, c’est la colle), sens communément employés: c’est être ivre, bourré ou encore avoir pris un PV par la maréchaussée!

Tiens, quelques nouvelles de la «langua nostra», qui a des locuteurs aussi de l’autre côté des Pyrénées dans quelques enclaves territoriales. Le parlement catalan vient de voter la reconnaissance de la langue d’oc comme langue officielle de la Généralité de Catalogne. A contrario, de notre côté des Pyrénées, le sénat vient de refuser de ratifier la charte européenne sur le droit des minorités linguistiques (ou des langues régionales, si vous préférez !).

Nos sénateurs étaient-ils empègués le jour du vote ? Je crains que non !

En étouffant par tous les moyens depuis 3 siècles les cultures dites régionales, les classes dominantes (d’abord la noblesse de cour, puis la bourgeoisie jacobine) voulaient surtout détruire les cultures et l’expression populaires pour mieux établir leurs hégémonies économiques et culturelles. Sauf que ce faisant, elles se sont tiré une balle dans le pied, tant il est vrai que sous tous les cieux de ce bas monde, la culture populaire est la matrice, la source où est toujours venue puiser la culture dite « savante ».

Cette politique absurde et suicidaire risque bien un jour, finalement, d’avoir la peau de la langue et la culture française elles-mêmes. Nos sénateurs seraient fort avisés de méditer cette phrase (de Claude Lévi-Strauss, si ma mémoire est bonne): «Une langue qui meurt, c’est une vision du monde qui disparaît et une perte de savoir pour l’humanité entière».

Au fait, ce n’est pas ça le fameux universalisme républicain ? Non !

Ah bon…

Un peu d’histoire, Tourrettes au Moyen-Age

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par Henri Bresc de Tourrettes

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Village aux dimensions modestes (17 feux fiscaux en 1315-1316 ; 48 foyers en 1471) et seigneurie d’un rameau de la maison de Villeneuve, la Tourrettes médiévale a laissé une documentation éparse qui permet de retracer quelques moments de son développement. Le 17 février 1253 (Archives départementales du Var, notaire Jacques Honorat E850, fol124-126, copie du 21 août1473), c’est la délimitation passée entre les coseigneurs des deux villages, c’est à dire entre les terroirs de Tourrettes et de Puybresson, qui donne une belle série de noms de lieux, sources, « lacs », combes, vallons et possesseurs de terres. En 1326, lors des assises du tribunal de Fayence tenues le 6 mars (Archives du Vatican, Introitus et Exitus,163,fol160), la juive Bella de Tourrettes condamnée à 50 sous d’amende «pour usures », c’est à dire pour avoir dépassé le taux légal d’intérêt, verse les 15 sous qui restaient à régler. Cette notice confirme que Tourrettes hébergeait, rue Juterie, sous les murs du château, une communauté assez nombreuse pour célébrer le culte (il faut dix hommes adultes pour le Minyan, l’assemblée de prière), qu’elle comprenait au moins une officine de prêt que Bella gérait nécessairement au nom de ses enfants. C’était pour le seigneur un choix judicieux dans un XIVe siècle marqué par une vive expansion économique et une puissante croissance démographique vite tronquée par la peste de 1348.

De 1440 à 1467,le registre du notaire Honorat E850 contient 180 actes de reconnaissance de propriétaires de maisons et de terres qui énumèrent leurs possessions et déclarent les cens qu’ils doivent au seigneur de Tourrettes, Bertrand puis en 1450 Antoine de Villeneuve. De 1440 à 1447, il enregistre 53 déclarations et une vente: 29 des propriétaires sont des Fayençois et sur les 24 reconnaissances des Tourrettans on compte 11 chasements, ensembles composés d’une maison de village, d’une étable, quelque-fois d’une grange dans le terroir, d’une ou plusieurs vignes, de jardins, de vergers de prés et de terres. Ces dernières doivent la tasque, le quatorzième ou le quinzième de la récolte. De 1450 à 1459, une seconde vague compte 39 déclarations dont un seul étranger (un habitant de St-Paul).

En 1455-1466, enfin, sur 87 reconnaissances, 18 sont encore des Fayençois. Les déclarations renouvelées à la mort des propriétaires permettent de reconstruire et de suivre les familles. Chaque maison et chaque vigne, pré ou terre est soigneusement localisé, quartier, confins, chemins, propriétaires voisins et l’ensemble permettra une reconstitution du paysage rural et donnera quelques lumières sur le village et ses abords, église St-André et sa place, maison du seigneur, chapelle Notre-Dame.

La confrérie du St-Esprit confirme la force de l’esprit communal dont elle est partout en Provence l’expression. La présence de plusieurs artisans : savetier, forgeron, tuilier, barbier, fustiers, meuniers rappelle la diversification des activités: les chenevières où on cultive le chanvre, les fosses pour rouir les fibres textiles rappellent que les seigneurs y ont attiré l’artisanat du tissage. Dès 1440 et puis lors des autres reconnaissances, l’immigration ligure renforce un repeuplement signalé par les origines : Caille, St-Cézaire et par les noms des déclarants: Amirat, Catalan, Poitevin. Les Ligures qu’on dit Lombards, Abbe, Bota, Del Carret, Geoges, Lavagne, Rebot, Semeria, Simo, Villa viennent du diocèse d’Albenga, ce sont des artisans et leur installation est favorisée par
les de Villeneuve.

L’étroitesse du terroir plus petit que celui de Puybresson, la faiblesse des cens versés par les propriétaires et la modestie des revenus seigneuriaux les incite en effet à faire défricher la «terre gaste» et à diversifier l’économie, avec la même impulsion, sans doute, qui les a conduits à installer une communauté
juive au XIVème siècle.

CAFE Philo penser,rire…enfin!

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par Nicole Michel-Adamczewski, Gérard Schumacher, Bernard Millereux

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Créé au printemps 2007, par des amis et un professeur de philosophie du Lycée Beaussier de la Seyne sur mer, Eric Hantute, le café a ensuite prospéré avec Dominique Bouillon, professeur au Lycée Saint-Exupéry de Saint Raphael, avec l’aide et la présence pertinente de Waltraud Verlaguet , présidente et créatrice du ciné festival en Pays de Fayence.
 
Depuis 2015, Nicole Michel-Adamczewski, ex-enseignante chercheur en philosophie et pédagogie anime les réunions du café.
Celles-ci se passent dans des lieux ouverts à tous, des restaurants ou des cafés. Pas d’inscription, tout le monde peut venir prendre part à la discussion. Il suffit d’être respectueux de la parole de tous, d’éviter toute sorte de prosélytisme, religieux ou politique ou idéologique.
Les sujets débattus ont généralement été choisis lors d’une petite réunion annuelle des habitués. Mais toute proposition de débat est bien reçue avec autorisation du groupe.

La particularité de ce café est qu’on’ y accepte des interventions programmées sur un thème, réalisées par des philosophes  « amateurs » (interventions de 20 à 30 minutes, suivies du débat). Un texte peut être distribué et lu, avant le débat.
Ainsi Jacques Hébert a-t-il lancé un débat sur la philosophie chez Saint-Exupéry et le petit Prince, puis un autre sur Montaigne et les voyages, Serge Guillopé, un débat sur l’Humiliation en politique, Bernard Millereux et Gérard Schumacher, sur le cerveau, la pensée et l’ordinateur. Les deux derniers débats : Est-ce que lire c’est fuir ?… Avons-nous encore besoin du concept de l’âme ?

Depuis, octobre 2015, un forum internet est actif (lien : http://cafe-philo.forumactif.org/ ou plus simplement en tapant « café philo du pays de Fayence »). Il est géré par Gérard Schumacher, astrophysicien.
L’objectif :
– Etablir un lien permanent, avec possibilité de consulter le calendrier des activités, les commentaires et documents mis à la disposition des membres ;
– Favoriser l’arrivée de nouveaux membres intéressés par la philosophie, principalement sur le canton de Fayence.
– S’enrichir avec les activités d’autres blogs ou sites (philo ou sciences humaines, etc.) : le dernier en date provient d’Eric Hantute : « you tube philosophie qui gratte » …

Les sujets doivent bien sûr être liés à des questions philosophiques mais il est clair que les débats, les analyses, reposent en très grande partie sur des faits de société, sur les sciences humaines, dans lesquels chacun, avec sa culture propre, son vécu, peut intervenir.

Le café philo respecte la charte nationale et internationale des cafés philo (La France est à l’origine de cette manifestation).

L’Ajacf n’est plus seule… bienvenue à Babaou

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Par Naïma de l’Ajacf (Montauroux)

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Voici quelques temps que l’Ajacf a rencontré la toute nouvelle association culturelle « Babaou » implantée sur Seillans. Une fois la première prise de contact effectuée, nous nous sommes vite rendus compte que nous avions les mêmes objectifs, que nous nous connaissions déjà tous plus ou moins et surtout , nous avons été heureux de constater que nous n’étions plus seules dans l’organisation d’évènements culturels au cœur de notre cher canton de Fayence.
Nous souhaitions donc, ici, vous présenter Babaou, ses objectifs, ses envies…

L’association  » BABAOU  » (qui signifie « Grande Gueule » en provençale) est née pour faire perdurer la culture en tout genre et faire parler d’elle… Elle souhaite offrir l’opportunité aux artistes d’ici et d’ailleurs, de venir s’exprimer, de proposer des activités, faire des ateliers, exposer leurs créations, leur vision du monde et transmettre leur sensibilité à travers art et musique. Le but de cette asso est de créer des événements festifs et enrichissants facilitant l’échange, le partage et la découverte de nouveaux talents… Pour cela elle privilégie actuellement l’organisation de concerts, avec une première édition de « Jam & ta Fraise » consistant à rassembler les musiciens du canton sur une scène ou-verte pour le plaisir de chacun. Ce fut un 1erévènement (le 1er Avril 2016 ) qui aura très bien marché, basé sur le partage et la convivialité !

Leur objectif est également de collaborer avec des événements ou concours de street art, des expositions (photographies, courts métrages…) spectacles, théâtre, danse… mais aussi avec des « Contests » de sports extrêmes. En effet, la région permettrait réellement d’accueillir ce genre d’évènement sportif qui attire et régale beaucoup de monde en ce moment.

Dans l’idéal, la création d’une radio locale constante permettant de diffuser musiciens actuels, artistes… connus ou justement à faire connaître serait un projet qui plairait beaucoup aux « Babaous » ! Mais pour cela ; le nerf de la guerre, comme pour l’Ajacf, est qu’il faut trouver un lieu digne de ses projets et aspirations ! Car cela demande énormément d’espace pour pouvoir créer, stocker, bricoler, accueillir,communiquer, créer du mouvement, et un espace de vie et d’expression artistique pour tous ! Mais alors où ? Comment ? Grâce à qui ? Toutes ses questions reviennent souvent.

Autant dire que les idées et les envies fusent chez les Babaous et c’est tant mieux ! L’Ajacf en est ravie et souhaite vraiment qu’un jour nous réussissions tous ensemble à nous épanouir pleinement dans notre vie associative grâce à un pôle culturel associatif. Idées et propositions sont donc les bienvenues !
Pour le prochain évènement de Babaou RDV le 10 Décembre 2016 à Seillans pour un Concert !

+ D’info sur leur page facebook :Babaou

Quant à l’Ajacf, elle reprendra du service début 2017, avec également une soirée musicale. Et quantité d’envies et d’idées de collaboration, qui n’attendent que d’être mises en forme

Ciné-Festival 2016 en Pays de Fayence

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Par Waltraud Verlaguet, présidente du Ciné-Festival en pays de Fayence

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Le Ciné-Festival 2016, labellisé « événement culturel de qualité » par la Communauté de Communes, aura lieu cette année un peu plus tard que d’habitude. En effet, pour des raisons d’organisation, il se déroulera du 22 au 27 novembre 2016. Un grand merci et bravo aux élus qui ont réussi à faire en sorte qu’il puisse avoir lieu. J’ai le plaisir de vous annoncer que cette année nous travaillerons en collaboration avec Cannes-Cinéma.

Un festival, deux lieux

Si l’essentiel des projections continue à se dérouler au Ciné de Montauroux (avec sa salle polyvalente adjacente mise à notre disposition par la mairie pour organiser restauration, bar, expositions et rencontres sur place), cette année l’implication de Fayence est renforcée. Jusqu’à présent, certaines projections avaient déjà lieu à Fayence. Cette année ça sera du plein-temps entre mercredi et samedi. De quoi renforcer notre collaboration et notre présence dans le canton.

La soirée promotionnelle

Au moment où j’écris ces lignes, la programmation n’est pas encore bouclée. Elle a été dévoilée lors de la traditionnelle soirée promotionnelle qui a eu lieu cette année le 21 octobre 2016 à Fayence. La soirée ouverte à 19h par un buffet dans la salle des fêtes s’est poursuivie dans la salle Iris Barry avec l’annonce du programme, suivie de la projection du film Tour de France de Rachid Djaïndani, avec Gérard Dépardieu, Sadek et Louise Grinberg.

Pendant les deux heures qui précèdent, à savoir de 17 h à 19h, une permanence à l’entrée de la salle des fêtes de Fayence a permis aux cinéphiles d’acquérir des cartes d’adhésion du Ciné-Festival (5€) qui donnent droit à la réduction pour cette soirée comme pour toutes les projections du Ciné-Festival. (Attention : les cartes d’adhésion à la Maison pour Tous ne donneront pas droit à cette réduction. En effet, cette année, notre association est devenue complètement indépendante de la Maison pour Tous.)

Nos jurys

Nos jurys, celui des longs et celui des courts métrages, sont ouverts à tous sur simple inscription avant le 21 octobre 2016. En effet, aucune connaissance cinématographique particulière n’est requise. Une journée de formation, le jour de l’ouverture du festival, est là pour en acquérir quelques bases qui se consolideront au long du festival lors des réunions de jury sous la présidence d’un professionnel du cinéma qui guidera les jurés, non dans leurs choix, mais dans la façon de les argumenter pour arriver à une décision commune, jeunes et moins jeunes à l’unisson – car chez nous, une partie des places est réservée aux élèves du canton, et ils ont pleine voix. C’est même un des rares lieux où jeunes et moins jeunes sont invités à discuter d’égal à égal, une expérience en soi !

Bagi-Ciné

Comme le sympathique festival Bagiliba précède donc cette année le nôtre, la soirée Bagi-Ciné, en collaboration entre nos deux associations, se déroulera cette année le 11 novembre à Fayence avec le film Des étoiles de Dyana Gaye avec Ralph Amoussou, Marième Demba Ly.

Allo Maman-bébé

Une nouveauté cette année et je suis particulièrement ravie de pouvoir l’annoncer, nous allons organiser cette année avec l’aide du foyer rural de Fayence et sa charmante équipe une garde d’enfants les 24 et 25 novembre l’après-midi pour les parents qui voudraient venir voir un film tout en sachant leurs petits entre de bonnes mains. Plus d’informations très prochainement.

Transports

Autre nouveauté : Var’Lib propose maintenant des transports à la demande. Vous désirez venir voir un film et vous n’êtes pas motorisé ? Réservez un transport en téléphonant au moins la veille avant 17h au 09 70 83 03 80. La centrale de réservation est ouverte du lundi au samedi de 8h00 à 12h30 et de 13h30 à 18h00. Coût du billet : 3€ – que le Ciné-Festival vous rembourse ! (sur présentation du ticket)

Invités

Ce sera la surprise : au moment où je vous écris, la venue des différents invités n’est pas encore confirmée, donc difficile d’en dire plus. Mais notre nouveau partenariat avec la maison de distribution MC4 devrait nous permettre d’accueillir des équipes de film.

Notre équipe

De nouveaux venus, tant au Conseil d’administration – ce qui permet une meilleure distribution des rôles – mais aussi dans l’équipe si dynamique des bénévoles ! Nous espérons que la réunion des bénévoles prévue pour le lundi 10 Octobre à 18h, Parking La Fontaine à Montauroux, permettra – mais je n’en doute pas – une organisation efficace du festival à venir. Si vous avez envie de participer, vous êtes cordialement invités.

Les scolaires

Une journée de formation des enseignants avait été organisée en avril. Grâce à la collaboration renforcée avec Fayence, nous espérons développer davantage encore notre offre en direction des scolaires, dans le cadre de notre agrément par l’Education Nationale. Donner envie aux jeunes d’aller au cinéma, leur permettre d’apprendre à décrypter les images pour ne pas être manipulable, à connaître et à aimer le cinéma d’auteur du monde entier pour mieux s’ouvrir au monde et mieux se comprendre soi-même – telle est notre ambition.

En guise de conclusion

« Le monde est un village, le monde vient au village », telle était notre devise au tout début. Elle n’a rien perdu de son actualité. La culture est sans doute le seul véritable rempart contre toutes les tentatives d’emprise d’où qu’elles viennent. Alors allier culture et plaisir, quel meilleur moyen pour porter l’espoir et la foi en un avenir possible ?

Car c’est bien de cela qu’il s’agit : allier culture et plaisir par la convivialité et la multiplicité des rencontres (notre restauration est ouverte tout au long du festival), renforcer le lien entre générations (avec des jeunes dans les jurys), et découvrir des films du monde entier, sélectionnés par de grands festivals internationaux (tel est notre critère de sélection, en essayant d’être aussi éclectique que possible).

Bon et joyeux festival à tous !